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Nous sommes au mois de novembre. Je suis dans la cour du lycée, adossé contre les barreaux qui la séparent en deux et je regarde les gens passer, les uns avec leurs sandwichs de chez Paul, les autres avec leurs glaces Häagen-Dazs, tous faussement occupés. En ce qui me concerne, je n'ai clairement rien à faire et je reste planté là. Je cherche Axel, des yeux seulement, pour qu'il se joigne à moi et que nous soyons deux à attendre la fin de la pause déjeuner, en n'ayant ni l'un ni l'autre rien à faire. C'est la loi à Condorcet, à moins d'être fumeur social, c'est-à-dire avoir des amis en permanence devant le lycée, on ne trouve jamais de quoi occuper ses trous, et des trous, il y en a plein. Ah voilà ! je me dis, une fille de sa classe, elle saura bien m'aider à le trouver.
Elle file à travers le terrain de basket sans même se soucier du ballon, sa démarche est rapide, à courtes enjambées, ça lui donne un petit air comme pressée. Elle porte un veston gris et un chapeau assorti, l'ensemble, une véritable petite lutte contre le conformisme. Le Hé ! Clémentine ! que je lui lance, dans le souci de me faire remarquer, motivé sans doute aussi par ma passivité, l'arrête net sur ses pas et elle se tourne sur elle-même. Elle est apparemment déconcertée, une voix qu'elle n'avait jamais entendue vient de crier son prénom, et ne me remarque pas tout de suite. En revanche son visage s'anime d'un large sourire, et en tournant la tête à droite et à gauche elle porte la main sur son chapeau pour ne pas le perdre dans son mouvement. Elle me repère enfin, je retiens son regard et elle me rejoint, toujours de son allure vive, toujours souriante.
"T'aurais pas vu Axel par hasard ?"
Heuu, me répond-elle, elle ne sait pas et s'en va.
...
Tout commença sur ce bref échange.
Elle file à travers le terrain de basket sans même se soucier du ballon, sa démarche est rapide, à courtes enjambées, ça lui donne un petit air comme pressée. Elle porte un veston gris et un chapeau assorti, l'ensemble, une véritable petite lutte contre le conformisme. Le Hé ! Clémentine ! que je lui lance, dans le souci de me faire remarquer, motivé sans doute aussi par ma passivité, l'arrête net sur ses pas et elle se tourne sur elle-même. Elle est apparemment déconcertée, une voix qu'elle n'avait jamais entendue vient de crier son prénom, et ne me remarque pas tout de suite. En revanche son visage s'anime d'un large sourire, et en tournant la tête à droite et à gauche elle porte la main sur son chapeau pour ne pas le perdre dans son mouvement. Elle me repère enfin, je retiens son regard et elle me rejoint, toujours de son allure vive, toujours souriante.
"T'aurais pas vu Axel par hasard ?"
Heuu, me répond-elle, elle ne sait pas et s'en va.
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Tout commença sur ce bref échange.





