jeudi, décembre 21, 2006

J'attends que Jeudi vienne

Méchanceté pure et dure, à prendre au second degré. Il me semblait être inutile de le préciser, apparemment cela s'impose.


C... ou La mésaventure amoureuse



C'était par une nuit d'automne particulièrement glaciale. J'étais assis dans la cour du Louvre avec une amie, baigné dans la lumière blafarde des Pyramides. Le silence devenait insupportable et il me semblait avoir épuisé la plupart des sujets de conversation. J'ai eu donc recours à l'outil par excellence du dragueur contemporain : l'Ipod. Quel gentleman aurais-je été si je ne lui avais pas tendu un écouteur ? Je sentais qu'elle se serrait petit à petit contre moi et je dus étouffer un rire. Il faisait plutôt froid, mais ce rapprochement confirmait tout de même l'idée reçue que les filles deviennent étrangement frileuses en compagnie des hommes.

Je ne sais plus combien de temps nous sommes restés ainsi. Ancrés dans un parfait set-up amoureux : assis sur des marches après une longue promenade sur les quais de Seine, en partageant de la musique sous un froid qui rapproche. Au bout d'un moment, elle s'est tournée vers moi en laissant son unique écouteur tomber. Je me suis instamment perdu dans son regard bleu profond. Si bien que je ne me suis même pas aperçu que son nez devenu excessivement mauve de froid s'était avancé dangereusement près du mien. J'ai entendu un "Embrasse-moi" comme tiré d'une comédie romantique de qualité contestable et je n'ai pu que succomber.

Une seconde...
Deux...
Trois...

"Non... non, arrête-toi !" Il fallait mettre fin à ce massacre. A ma grande déception, elle embrassait d'une manière franchement... mauvaise. Pourtant je dois avouer que j'étais assez amusé, cette expérience maladroite avait fait surgir en moi d'heureux souvenirs. Il y a quelque temps, je me levais tous les matins au baiser affectueux de mon chien, il prenait soin de promener son nez et sa langue humides sur chaque recoin de mon visage. Je trouvais ce baiser matinal très loin d'être dégoûtant, mais il portait une remarquable ressemblance avec celui auquel je venais de goûter. Bien évidemment il fallait relativiser, j'avais en face de moi une fille et non le meilleur ami de l'homme. Ainsi cet épisode, bien qu'ayant débuté d'un air romantique, était promptement devenu comique.

Il va de soi que cet article est à prendre au second degré nous ne vécûmes pas heureux, et surtout, n'eûmes aucun enfant. Cette gaucherie était bien trop importante pour être pardonnable. Mais un ancien proverbe ne dicte-t-il pas que le dégoût des uns, peut très bien être du goût des autres ?