vendredi, août 31, 2007

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Nous sommes au mois de novembre. Je suis dans la cour du lycée, adossé contre les barreaux qui la séparent en deux et je regarde les gens passer, les uns avec leurs sandwichs de chez Paul, les autres avec leurs glaces Häagen-Dazs, tous faussement occupés. En ce qui me concerne, je n'ai clairement rien à faire et je reste planté là. Je cherche Axel, des yeux seulement, pour qu'il se joigne à moi et que nous soyons deux à attendre la fin de la pause déjeuner, en n'ayant ni l'un ni l'autre rien à faire. C'est la loi à Condorcet, à moins d'être fumeur social, c'est-à-dire avoir des amis en permanence devant le lycée, on ne trouve jamais de quoi occuper ses trous, et des trous, il y en a plein. Ah voilà ! je me dis, une fille de sa classe, elle saura bien m'aider à le trouver.

Elle file à travers le terrain de basket sans même se soucier du ballon, sa démarche est rapide, à courtes enjambées, ça lui donne un petit air comme pressée. Elle porte un veston gris et un chapeau assorti, l'ensemble, une véritable petite lutte contre le conformisme. Le Hé ! Clémentine ! que je lui lance, dans le souci de me faire remarquer, motivé sans doute aussi par ma passivité, l'arrête net sur ses pas et elle se tourne sur elle-même. Elle est apparemment déconcertée, une voix qu'elle n'avait jamais entendue vient de crier son prénom, et ne me remarque pas tout de suite. En revanche son visage s'anime d'un large sourire, et en tournant la tête à droite et à gauche elle porte la main sur son chapeau pour ne pas le perdre dans son mouvement. Elle me repère enfin, je retiens son regard et elle me rejoint, toujours de son allure vive, toujours souriante.

"T'aurais pas vu Axel par hasard ?"

Heuu, me répond-elle, elle ne sait pas et s'en va.

...

Tout commença sur ce bref échange.

13 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Nous sommes le 22 septembre... La mémoire des garçons a toujours été quelque peu défectueuse sur ce genre de petits détails, n'est-ce pas?

11:42 AM  
Blogger fuckhead said...

je confirme. se souvenir de ces choses-là nous empêcherait de se souvenir des derniers résultats sportifs. ah, et nous protège également de la décrépitude des neurones.

6:28 PM  
Blogger Deniz said...

Ah ah... les femmes qui comptent les jours seront ma mort.

1:36 AM  
Anonymous Anonyme said...

Toujours est-il qu'il y a deux mois de différence entre ton histoire et la mienne.

11:55 AM  
Anonymous Anonyme said...

"Il y a un garçon qui connaît mon prénom, et moi je ne l'avais jamais rencontré avant, et c'est merveilleux, je suis célèbre, oui parce que vois-tu Lilou, la célébrité, c'est ça, c'est quand les inconnus commencent à savoir qui vous êtes, hu hu ! Il faut que je le retrouve, celui-là, je t'assure, il m'a appelée "Clémentine", comme ça ! Oh my God ! Tu ne verrais pas qui ça peut être, par hasard ?"

1:52 PM  
Anonymous Anonyme said...

En tout cas, le merveilleux est fini.

3:42 PM  
Blogger Clémentine said...

Au fait, histoire qu'axel ne me prenne pas pour une acharnée, l'anonyme qui retranscrit le dialogue c'est pas moi, c'est Alice. Moi, c'est moi.

9:39 PM  
Blogger Deniz said...

Quel merveilleux ?

11:43 PM  
Blogger fuckhead said...

j'ai un peu honte de me souvenir d'une chose pareille, mais je crois me rappeler que j'étais en physique à ce moment-là. tout ça pour dire que c'était pas à la pause de midi...
comment? tout le monde s'en balance de l'heure?

1:45 AM  
Blogger Clémentine said...

Aha! Exactement, que disais-je? Et je portais ma veste bleue, pas grise, je n'avais pas non plus mon chapeau ce jour là. Comment ça tout le monde s'en fout de mes vêtements?

(si on continue à le faire chier, deniz va finir par virer l'article, vous allez voir)

8:16 AM  
Blogger Deniz said...

Si ça te dérange qu'on ne s'en souvienne pas/qu'on ne s'y intéresse pas, tu fais comme s'il ne s'agissait pas de toi.

11:52 PM  
Blogger Clémentine said...

Ha-ha. Ca devient concours de casse dis moi.

8:44 PM  
Anonymous Anonyme said...

Seeing other people...

8:59 PM  

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